Du 4 au 17 novembre 2016,  vingt épargnants et actionnaires de la SIDI se sont rendus au Guatemala afin de mieux comprendre le travail mené par la SIDI, le CCFD – Terre solidaire et leurs partenaires locaux. En s’immergeant dans la réalité des partenaires et en échangeant avec eux, les voyageurs ont pu appréhender plus finement la chaîne de solidarité financière qu’ils mettent en œuvre avec la SIDI et ses partenaires, et ont pu percevoir l’impact concret de leur contribution.

Ce voyage SIDI a d’abord été l’occasion de découvrir le Guatemala sous un angle nouveau. Berceau de la civilisation maya, ce pays est souvent admiré pour son passé précolombien alors que sa douloureuse histoire moderne est plus souvent méconnue. Eprouvé par plus d’une quarantaine d’années de guerre civile qui a causé la mort de près de 200 000 personnes et le déplacement de 1,5 millions de personnes entre 1954 et 1996, le Guatemala s’est aujourd’hui doté des atours d’une démocratie mais reste dans les faits marqué par de profondes injustices sociales et politiques. Les communautés mayas,  qui constituent 65% de la population et ont été les premières victimes du conflit,  sont encore très largement marginalisées (surexposition à la pauvreté, faible participation politique, racisme, faible accès à la terre et aux moyens de production…). Durant le séjour, actionnaires et épargnants solidaires ont pu rencontrer neuf organisations communautaires mayas, ce qui leur a permis de voir à quel point leur héritage culturel perdure et comment les communautés réussissent à s’organiser pour garantir leur avenir.

 Que de courage, de dignité et d’initiatives chez les partenaires que nous avons visités ! Avec l’appui du CCFD-Terre Solidaire ou de la SIDI, ils se prennent en main et œuvrent au développement économique et social de leur communauté. Au cours de ce voyage, nous avons rencontré de nombreux bénéficiaires du micro-crédit : petits producteurs (maraîchers, caféiculteurs), artisans (poterie, tissage, confection), commerçants, tous heureux de pouvoir vivre de leur activité. Tous ces témoignages nous ont donné une grande leçon d’optimisme : oui, même dans un contexte difficile, des hommes et des femmes peuvent se prendre en main et permettre au plus grand nombre d’accéder à une vie plus digne ! N’hésitons donc pas, avec le CCFD-Terre solidaire et la SIDI, à leur donner le coup de pouce qui permet à toutes leurs initiatives de se déployer le plus largement possible ! 

Jacques, actionnaire et épargnant solidaire

Ce voyage ayant pour objectif de faire comprendre la complexité et l’étendue de la chaîne de solidarité financière formée par la SIDI, ses partenaires et ses contributeurs, ainsi que la complémentarité du travail par la SIDI et le CCFD – Terre Solidaire, les participants  ont pu aller à  la rencontre d’un partenaire de la SIDI – Red FASCO – de ses membres ainsi que de trois partenaires du CCFD.

Red FASCO le partenaire de la SIDI est un réseau regroupant 15 organisations mayas majoritairement situées dans l’Altiplano occidental, une zone particulièrement défavorisée du pays. Créé en 2005, ce réseau cherche à améliorer la capacité de ses membres à fournir des services financiers et non financiers aux communautés rurales et mayas de la région. Pour ce faire, Red FASCO leur apporte son expertise en matière de formation et d’accompagnement, et propose depuis peu son soutien financier afin de les aider à refinancer une partie de leurs activités (achats d’intrants pour les organisations de producteurs, lignes de crédit pour le micro-crédits…). La SIDI est partenaire de Red FASCO depuis 2007. Ensemble ils ont entrepris de travailler à la pérennisation de ce réseau en lui permettant de rentrer au capital banque de développement rural locale, BANRURAL. Les revenus de cet investissement permettent en effet de garantir des ressources stables au réseau ; mais surtout cet investissement a contribué à nouer des relations privilégiées avec la banque, pour le plus grand bénéfice des membres de Red FASCO qui peuvent ainsi se voir faciliter l’accès à ses services financiers. Par ailleurs, la SIDI a permis de donner au réseau la capacité de satisfaire les demandes de refinancement de ses membres les plus fragiles, par l’abondement d’un fonds de crédits dédié à cet objet. Elle a enfin fourni un appui dans le domaine de la promotion de la performance sociale, afin d’améliorer les pratiques des membres dans ce domaine.

Cinq visites réalisées auprès des membres du réseau  ont permis aux voyageurs de mieux cerner le travail de terrain réalisé par chacune de ces organisations et d’en percevoir la diversité. Trois d’entre elles (ADIGUA, ADISA et ADICLA) ont développé une activité essentiellement tournée vers la microfinance, qui permet de garantir un accès au crédit mais aussi à des formations à de petits entrepreneurs essentiellement mayas. La fédération de coopératives FECCEG s’est quant à elle consacrée au développement d’une chaîne de valeur agricole de haute qualité dédiée à la production du café. FECCEG permet aujourd’hui à près de 2 000 petits caféiculteurs de se consacrer à une production agroécologique et de bénéficier des avantages du commerce équitable. Enfin, l’association CDRO poursuit depuis près de trente ans un travail dédié à la promotion du développement intégral des communautés du département de Totonicapán, avec qui l’association construit des programmes allant du domaine de l’éducation à celui de la santé. CDRO a aussi  créé une institution de microfinance pensée pour et par les communautés – Reficom.

Le voyage a aussi permis la rencontre avec trois partenaires du CCFD – Terre Solidaire : Actoras de cambio, un collectif féministe soutenant les femmes victimes de viol au Guatemala, Red Kuchub’al, un réseau  dédié à la promotion de groupes de producteurs agro-écologiques et enfin SERJUS, qui travaille depuis le début des années 90 au renforcement et à la coordination des organisations mayas dans de nombreux domaines allant de la défense des territoires, la promotion d’activités économiques locales, à la mobilisation politique. Ces trois partenaires brillent également par la diversité de leur champ d’action, par la qualité du travail qu’ils réalisent avec les communautés, mais aussi de par leur complémentarité avec le travail mené par ailleurs par le partenaire de la SIDI, Red FASCO.

Chacune de ces rencontres a permis de voir combien les communautés mayas, chroniquement marginalisées, trouvent les ressources  pour s’organiser et pourvoir non seulement à leur survie, mais aussi à la (re)conquête de leurs droits

Ce voyage de découverte s’inscrit dans la lignée d’une longue série, qui permettent aux actionnaires et épargnants solidaires de prendre la mesure du travail que la SIDI et ses partenaires sont en mesure d’accomplir grâce à leur soutien.

Voir aussi :

Le blog d’Alain et Daniel, deux voyageurs SIDI au Guatemala

1 décembre 2016