La fin de l’année 2016 a été marquée pour la SIDI par l’ouverture vers un nouveau pays d’intervention. Travailler dans un nouveau pays implique d’avoir une analyse pointue des enjeux socio-économiques et politiques, mais aussi une bonne connaissance du cadre juridique local, ce qui nécessite une longue phase de diagnostic et de prospection. La SIDI cherche cependant avant tout à atteindre des populations encore privées d’accès aux services financiers, elle vise pour cela à renforcer son ancrage sur le continent africain et ce aussi en dépit des crises. En s’ouvrant au Zimbabwe, elle s’inscrit dans cette logique et renforce sa présence en Afrique Australe, une zone encore très marquée par l’exclusion financière. 

 

Zimbabwe

Capitale : Harare

Population : 12,9 Millions d’hab.

Personnes vivant sous le seuil de pauvreté : 72,3%

Revenu per capita : 424 $

Espérance de vie à la naissance 59,1 ans

Indépendance : 1980

Le Zimbabwe est marqué par un marasme politique, économique et financier. Le pays est confronté à la montée des tensions et des revendications d’un peuple éreinté par la mainmise du Président Mugabe sur le pays, par une politique économique qui a plongé le pays dans la crise (mauvaise gestion, réforme agraire, surendettement de l’Etat…), par la répression des forces d’opposition…  Ce contexte de crise a contribué à la marginalisation du Zimbabwe au plan international, de nombreux pays et organisations internationales ayant pris durant la dernière décennie des sanctions face aux dérives du gouvernement.  Ce climat d’instabilité chronique a fait payer un lourd tribut à la population et à l’économie.

Le secteur financier du pays reflète la situation économique et politique du Zimbabwe. Les besoins de financement sont considérables, or les banques et les acteurs financiers prêtent peu, et aux seuls acteurs très solvables, en raison de leur peur quant à  l’instabilité du pays.En conséquence, le secteur de la microfinance rencontre des difficultés pour se refinancer localement, et sont incapable de satisfaire la demande émanant  des exclus du système classique.

Pour son entrée dans le pays la SIDI a fait le choix d’apporter son soutien à l’Institution de Microfinance (IMF) UNTU. Créée en 2009, au lendemain de  la crise monétaire qui a fortement ébranlé le secteur microfinancier, UNTU s’est fixé pour  objectif d’apporter des services financiers de qualité aux entrepreneurs exclus du système financier classique. En moins de dix ans, UNTU est devenu une des premières IMF du pays et s’est spécialisée dans le financement d’activités génératrices de revenus de personnes non salariées (93% de son portefeuille) alors que le reste du secteur se dédie plutôt aux prêts aux salariés. Elle fait aussi figure d’exception de par son fort ancrage local, alors que la  plupart des grosses IMF du pays sont des filiales de grands groupes bancaires.

Fin 2016, La SIDI et le fonds pour  l’Afrique FEFISOL ont chacun accordé un premier prêt de 350 000 dollars pour une durée de trois ans, qui permettra à l’IMF de poursuivre sa croissance et de changer d’échelle. L’année 2017 devrait aussi voir la création de nouveaux partenariats dans ce pays qui permettront à la SIDI de renforcer son appui au développement d’une finance plus inclusive au Zimbabwe.

25 janvier 2017