C’est dans la dynamique ville d’Antsirabe, au Sud de la capitale de la Grande Ile, qu’a été créée en 2002  l’Institution de microfinance (IMF) Vahatra (« racines » en malgache). Cette association cherche à aller aux origines du problème de la pauvreté en alliant à son offre de microcrédit un ambitieux accompagnement social, qui permet d’apporter des réponses concrètes à des familles très précaires.

Chiffres clefs

8500 emprunteurs actifs

dont 70% sont des femmes

950 familles accompagnées chaque année

26 635  personnes couvertes par la Mutuelle de Santé

Prenant le parti du développement d’une microfinance résolument sociale, Vahatra est la seule IMF à cibler des populations vivant sous le seuil de pauvreté  (moins de 2 dollars par jour). Elle s’adresse ainsi prioritairement à des populations considérées encore comme trop risquées par le reste du secteur.

L’IMF offre d’abord à ses membres des crédits destinés au soutien d’activités génératrices de revenus (agriculture, commerce…) mais aussi des prêts qui permettent de faire face aux frais de scolarité ou encore aux imprévus. Vahatra veille à faciliter l’accès à ces services financiers aux plus vulnérables en ne demandant pas de garantie matérielle ou d’apport pour les premiers prêts. L’association comptait en 2016, près de 8 500 emprunteurs actifs dont 70% étaient des femmes. Les montants des crédits restent très modestes, le prêt moyen s’élevant à 42 euros.

Consciente de l’extrême vulnérabilité de ces clients, l’IMF a fait de l’accompagnement social une composante essentielle de son action. Chaque agence dispose ainsi d’une équipe sociale et d’une équipe financière qui travaillent de concert. Le volet social de l’activité de Vahatra se structure aujourd’hui en deux axes : l’accompagnement social et la prévoyance santé.

Le service d’accompagnement permet de suivre les familles membres de l’association et de leur offrir des réponses et un soutien concrets afin de les aider à surmonter les difficultés qu’elles rencontrent.  Les équipes de Vahatra appuient ainsi les familles dans leurs démarches administratives, leur apporte un soutien en cas de crises familiales et leur proposent des ateliers de  sensibilisation sur de nombreux sujets (santé, éducation, genre…). Les équipes reçoivent les familles à l’occasion de permanences en agence mais vont aussi à leur rencontre chez eux. En 2015, près de 942 familles ont bénéficié de cet appui personnalisé.

Vahatra a de plus développé depuis 2012 un service de mutuelle de santé qui permet aux membres de faire face aux dépenses d’hospitalisation de leur famille, pour la modique somme de 20 centimes d’euros par an. Afin de rapidement étendre la couverture de ce service, Vahatra a depuis rendu la souscription à cette mutuelle obligatoire pour l’ensemble de ses nouveaux emprunteurs. A mi-2016 7115 membres  avaient d’ores et déjà adhéré, permettant à plus de 26 000 personnes de bénéficier d’une couverture santé. Cette mutuelle est pour beaucoup d’entre eux un premier pas vers une protection sociale.

Vahatra a dû développer un modèle économique capable de pérenniser ces activités d’accompagnement familial et social. Ce sont ainsi les revenus réinvestis de l’activité microfinancière et les subventions obtenues auprès de bailleurs, qui permettent à Vahatra de poursuivre sa mission sociale. La croissance de son offre de crédit est par ailleurs pour l’instant conditionnée à l’obtention de soutien d’investisseurs solidaires tels que la SIDI, Vahatra ne pouvant pas utiliser les dépôts de ses membres pour refinancer son activité de crédit.

La SIDI est partenaire de Vahatra depuis 2015. Elle lui a pour l’instant octroyé un appui essentiellement financier qui s’est traduit par l’octroi d’une première garantie, garantie renouvelée début 2017. Grâce à cet appui de la SIDI, Vahatra a pu obtenir un prêt de 92 000 euros auprès d’une banque locale, ce qui lui donnera les moyens de satisfaire aux demandes croissantes de crédits, tout en conservant un volant de liquidités nécessaire au bon fonctionnement de l’IMF.

 

24 mars 2017