Nutri’zaza : dix ans de lutte contre la malnutrition à Madagascar

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Retour sur 10 ans de partenariat avec Nutri'zaza, cette entreprise malgache tellement innovante

Nutri’zaza est née de la volonté de cinq acteurs engagés, partageant une vision sociale et économique commune : une entreprise sociale peut s’engager dans la lutte contre la malnutrition. La diversité de ses actionnaires fondateurs, l’inscription de la mission sociale dans ses statuts, et sa capacité d’innovation, sont autant de forces de Nutri’zaza.

En 2013, à l’occasion du lancement des activités de l’entreprise sociale Nutri’zaza fondée sur le programme de développement Nutrimad initié par le Gret, était publié un livre blanc visant à détailler comment l’entreprise souhaitait lutter contre la malnutrition. A l’époque, le constat était sans appel : plus de 50% des enfants de moins de cinq ans, soit 1 300 000 enfants, souffraient d’un retard de croissance (appelé aussi malnutrition chronique). Dix ans après, malgré une amélioration relative en pourcentage, le nombre d’enfants dans cette situation à Madagascar a augmenté : 42% des enfants de moins de cinq ans soit plus de 2 millions de jeunes souffrent toujours de malnutrition chronique. On rappelle que Madagascar fait toujours partie des pays les plus pauvres du monde : plus de 80% de la population vit avec moins de deux dollars par jour.

Lutte contre la malnutrition : 10 ans d’innovations

Pour lutter contre la malnutrition infantile de façon pérenne, l’entreprise vend des produits fortifiés à destination des enfants et familles souffrant de malnutrition : de la bouillie déjà préparée, livrée par des animatrices dans les quartiers défavorisés des grandes villes de Madagascar ; des sachets de bouillie à préparer chez soi, et enfin des barres céréalières et des sachets de moosli (muesli). Ce sont des produits de qualité, fabriqués localement, que Nutri’zaza veille à rendre accessibles aux familles malgaches, y compris les plus vulnérables.

Dans ce pays aux multiples défis, le secteur privé démontre son dynamisme et sa capacité d’innovation afin de répondre aux problématiques socio-économiques et sanitaires. En termes de santé publique, l’objectif social de Nutri’zaza est donc plus que jamais d’actualité. L’entreprise parvient à toucher un public considérable : Nutrizaza distribue par jour en moyenne plus de 42 000 rations, dont 23 500 à la louche auprès des populations les plus vulnérables, et emploie 273 personnes.

Entreprise atypique du portefeuille de la SIDI historiquement dédié à l’inclusion financière et aux chaînes de valeur agricole, l’alignement de la mission de cette entreprise sociale avec la mission sociale de la SIDI en fait un partenaire central sur la Grande Ile. Cet alignement est garanti par l’inscription de cette mission sociale dans les statuts même de Nutrizaza.

Un partenariat durable, une clé pour la consolidation de l’entreprise

La SIDI est fière d’accompagner le développement de cette entreprise sociale depuis 10 ans : grâce à son capital patient, sa participation à la gouvernance et son accompagnement technique, la SIDI contribue à la consolidation de Nutri’zaza. Aux côtés de la SIDI on retrouve bien évidemment le Gret, initiateur du projet Nutrimad ; TAF, un groupe agro-industriel malagasy à qui est confié entre autres la fabrication de la Koba Aina, et l’Association pour la Promotion de l’Entreprenariat à Madagascar[1]. La grande complémentarité de ces actionnaires, participant tous à la gouvernance de l’entreprise, est une force pour Nutri’zaza. A ce titre, chaque actionnaire apporte son expertise et ses connaissances techniques : la SIDI est ainsi particulièrement attentive à l’équilibre du modèle économique de l’entreprise.

Depuis 10 ans, la SIDI a pu accompagner Nutri’zaza dans ses différentes phases de déploiement, permises grâce au soutien de bailleurs institutionnels, notamment celui de l’Agence Française de Développement et de l’Union Européenne. C’est ainsi qu’au fil des années, Nutri’zaza a diversifié son offre de produits en nouant notamment un partenariat fort avec la Chocolaterie Robert autour de la production de deux nouveaux produits fortifiés : une barre chocolatée et un moosli, à destination des enfants plus âgés.

Ainsi, en 10 ans Nutri’zaza a su démontrer ses capacités d’innovation, mais aussi de résilience face à des chocs externes importants, notamment la crise sanitaire du COVID 19. Les équipes doivent désormais poursuivre leur travail afin de consolider le modèle de l’entreprise.

[1] Parmi les actionnaires fondateurs, on retrouvait également Investisseurs et Partenaires, qui a vendu ses parts aux actionnaires restants en 2017.

Crédits photos : Nutri’zaza 2023

Équateur : comment la SIDI soutient l’engagement écologique d’une banque

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Depuis 2017, la SIDI est engagée dans le capital d’une banque sociale et populaire équatorienne, Banco Codesarrollo. Celle-ci apporte des services financiers aux petits producteurs, aux organisations de producteurs coopératives d’épargne et de crédit, et aux employés du secteur public ou de l’économie sociale.

Une banque au service du développement et de la protection de la planète ? L’Équateur l’a fait et l’expérience mérite d’être contée : Banco Codesarrollo compte aujourd’hui plus de 130.000 clients !

Créée en 1998 à l’initiative du “Grupo Social Fondo Ecuatoriano Populorum Progresso” (FEPP), Banco Codesarrollo était initialement une coopérative d’épargne et de crédit.

Au fil des ans, Banco Codesarrollo s’est développée en tant qu’institution de l’économie sociale et populaire du secteur privé équatorien et a réussi sa transformation en banque. Aujourd’hui, Banco Codesarrollo propose des services financiers et non-financiers adaptés à sa population cible, notamment en zone rurale.

La SIDI investisseur solidaire, s’est engagée dans le capital de la banque en 2017, à hauteur de 1,8 millions d’euros. Cristina Alvarez, chargée de partenariats à la Sidi, indique que ce « premier investissement a permis à la banque équatorienne d’atteindre le capital minimum légal exigé » dans le pays, qui est de 11 millions de dollars. Un second tour de table a eu lieu en 2019, qui a permis à la SIDI « d’accompagner la croissance régulière du portefeuille tout en limitant l’endettement de Banco Codesarrollo », poursuit Cristina Alvarez.

Aujourd’hui, la SIDI est représentée au conseil d’administration de Banco Codesarrollo par Patricia Camacho. Celle-ci siège aux côtés de plusieurs banques sociales italiennes, également actionnaires de l’institution. Ce lien particulier avec l’Italie est incarné par le président de Banco Codesarrollo lui-même, Giuseppe Tonello Foscarini, italien de naissance mais qui vit en Équateur depuis plus de 30 ans.

“Crediecológico”, un produit financier contre le changement climatique

Avec près de 130.000 clients en 2021 dont 46% de femmes, avec 56% de clients situés en zone rurale et 27% de jeunes de moins de 30 ans, Banco Codesarrollo s’engage dans plusieurs aspects du développement rural mais aussi dans l’écologie.

En 2018, la banque a lancé un nouveau produit financier pour financer la transition écologique, le “Crediecológico”. Cristina Alvarez le définit comme un « produit qui a pour but de promouvoir la protection de l’environnement et de lutter contre le changement climatique ».

Avec ce nouveau produit, Banco Codesarrollo a « orienté sa gestion vers des activités respectueuses de l’environnement comme les activités agricoles durables, la souveraineté alimentaire, la récupération des sols, la gestion des eaux usées, ou encore l’utilisation des énergies alternatives », explique Cristina Alvarez. En 2021, au travers d’une centaine de prêts octroyés, un million de dollars ont ainsi pu venir financer ces activités.

Autre avantage du « Crediecológico », ce prêt propose non seulement « des conditions préférentielles en termes de taux d’intérêt, de montant et de durée du crédit », mais il inclut aussi « un accompagnement technique aux clients », précise Cristina Alvarez.

Banco Codesarrollo a par ailleurs travaillé sur sa propre empreinte écologique. En 2021, l’institution a par exemple intégré « un système de gestion environnementale organisationnelle dans les processus institutionnels », permettant notamment une meilleure gestion des déchets, l’attribution de dons à des fondations locales en cas de remplacement d’équipements, ou encore le financement de campagnes de recyclage ou de baisse de la consommation d’énergie.

« Promouvoir davantage la vision de la SIDI en tant qu’investisseur solidaire »

Mais le rôle de la SIDI n’est pas uniquement celui d’un financeur, il est aussi d’accompagner ses partenaires au travers de projets d’’assistance technique. Patricia Camacho, au conseil d’administration de Banco Codesarrollo, a joué un rôle très important dans la conception, le déroulement et la coordination de différentes assistances techniques financées par la SIDI.

Cet accompagnement est important pour la SIDI, qui a inscrit dans son plan stratégique la prise en compte de la dynamique environnementale et sociale, explique Cristina Alvarez. La transition écologique et sociale est même devenue « un axe central de sa stratégie et un point marqueur dans sa politique de partenariats ».

Pour montrer la réussite de ces partenariats, la SIDI a organisé un voyage en Équateur début septembre pour une quinzaine de ses actionnaires individuels, ce qu’elle n’avait pas pu réaliser depuis le début de la pandémie de Covid-19 en 2020. Objectif du voyage : donner une réalité à leur engagement en tant qu’actionnaire solidaire. La SIDI rappelle que près de 40% de son capital est détenu par des actionnaires individuels. Une belle façon de relier les sociétés civiles ici et là-bas.

Au Mali, la SIDI aide le réseau mutualiste Nyèsigiso

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Le réseau mutualiste Nyèsigiso basé au Mali pratique la micro-finance dans les zones rurales, à destination des populations les plus pauvres. Fragilisé par une importante perte en capital, il a obtenu deux fois le soutien de la SIDI, en 2020 et 2021, pour se recapitaliser et pour se relancer.

Dix ans de guerre au Mali n’ont pas laissé Nyèsigiso indemne. Né en 1990, ce réseau mutualiste de caisses d’épargne et de crédit a notamment dû fermer les portes de sa caisse coopérative à Diré, au nord du pays. Un coup dur pour les bénéficiaires. Principalement situé en zone rurale, le réseau travaille en effet à destination des personnes les plus pauvres, dont de nombreux agriculteurs et agricultrices.

Composé de 15 caisses, 58 agences et 10 guichets à travers le pays, Nyèsigiso, la « maison de la prévoyance » en Bambara, est donc un acteur structurant pour l’économie malienne. La mise à mal de ses finances l’a poussé à chercher des solutions pour lui permettre de préserver sa mission. C’est dans ce cadre que le réseau mutualiste a fait appel à la SIDI.

La SIDI accorde des prêts ou prend des parts au capital de structures qui partagent ses valeurs. En outre, la SIDI prête de l’argent sans demander de garanties, donc avec un risque de pertes élevé. Un pari risqué, mais essentiel : c’est en accordant un premier prêt à Nyèsigiso en 2020, alors même qu’il était décapitalisé, que la SIDI a contribué à redresser ce réseau mutualiste malien.

« Notre intervention a permis de créer un effet levier », explique Jean-Baptiste Cousin, chargé de partenariats à la SIDI. L’engagement de la SIDI a fait renaître la confiance chez d’autres bailleurs internationaux et « Nyèsigiso a pu lever dix fois le montant prêté par la SIDI ». Le réseau mutualiste a ensuite terminé l’année avec un « profit de 285 millions de CFA (plus de 435.000 €) », et il a redressé ses fonds propres à hauteur de 7,19% de son capital.

Un ancrage local fort

C’est l’ancrage local, très fort, du réseau mutualiste qui a convaincu la SIDI d’investir. Dans une étude menée en 2022, le cabinet 60 Décibels qui mesure l’impact des entreprises avait relevé que 91% des personnes interrogées affirmaient avoir amélioré leur qualité de vie grâce à Nyèsigiso. L’étude montre aussi que près de 9 clients sur 10 n’avaient jamais pu accéder auparavant à un service tel que celui du réseau mutualiste.

Enfin, alors que « 60% de ses membres vivent en milieu rural, souvent avec une activité agricole », l’étude montre que la plupart des clients qui ont recours aux prêts de Nyèsigiso utilisent l’argent pour des dépenses professionnelles, majoritairement dans le domaine agricole : « 71% pour des intrants agricoles, 22% pour de la main d’œuvre », précise Jean-Baptiste Cousin.

Au quotidien, Nyèsigiso impacte donc très fortement la qualité de vie des clients : 47% déclarent une amélioration de leurs revenus, 26 % une amélioration de leur production agricole et 88% indiquent qu’ils ont amélioré leur capacité à planifier leurs finances.

Pérenniser Nyèsigiso

Pour poursuivre cette « belle histoire », Nyèsigiso a demandé et obtenu en 2021 un deuxième prêt de la SIDI. En effet, un réseau coopératif doit parvenir à détenir 15% de son capital en fonds propre, ce qui n’était pas le cas. « Ils ont beaucoup de membres, mais ce sont des personnes plutôt pauvres qui ne sont pas en mesure d’apporter beaucoup d’argent en capital », détaille Jean-Baptiste Cousin. Et si Nyèsigiso obligeait ses membres à prendre des parts sociales à un prix plus élevé, le risque serait de ne se consacrer qu’aux classes moyennes, donc de perdre son public cible.

« Nous avons fait un prêt subordonné, ce qui est du quasi-capital : cela permet de faire un prêt à long terme que les autorités bancaires de la zone locale considèrent précisément comme du capital », poursuit-il. Mieux, ce type de prêt agit comme une garantie auprès des autres investisseurs, car là aussi le risque est très important : si la structure s’effondre économiquement, la SIDI serait la dernière à récupérer son argent !

Après ce deuxième prêt, il n’est donc pas étonnant qu’un deuxième effet levier ait été constaté par la SIDI. « Pour l’instant, nous avons prêté l’équivalent de 500.000 euros » à l’organisme malien, indique Jean-Baptiste Cousin. Le premier prêt s’étale sur trois ans, avec un an de période de grâce, et le deuxième sur cinq ans avec deux ans de période de grâce. Des conditions extrêmement favorables pour Nyèsigiso.

Pour la SIDI, le risque reste entier, mais il est assumé. Et pour l’instant, tout se passe bien. Le chargé de partenariat se félicite de cette coopération réussie et de la confiance accordée à Nyésigiso. Car le réseau mutualiste malien touche pas moins de 250.000 personnes au Mali. Et son fonctionnement de réseau mutualiste, qui élit des représentants locaux pour prendre les décisions communes, permet de faire entrer des gens éloignés des instances de gouvernance dans différentes strates de la structure : « Nyèsigiso, c’est aussi une école de la citoyenneté », conclut-il.

Au Burkina-Faso, la SIDI a trouvé son sésame avec Bioprotect

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La SIDI travaille depuis 2021 avec Bioprotect, une PME agricole burkinabé qui favorise l’essor de pratiques Bio auprès de petits producteurs à travers des activités sur plusieurs filières, le sésame, le maraîchage et la production d’intrants bio.

Développer le bio de manière systémique au Burkina

« Ils ont une approche phénoménale ». Les mots sont forts, mais totalement justifiés, d’après Johan Thuard, chargé de Partenariats à la SIDI. Bioprotect a en effet un positionnement particulier : l’entreprise cherche à développer et valoriser le marché du Bio au Burkina-Faso de manière systémique en s’impliquant sur l’offre et la demande de produits issus de l’agriculture biologique.

Cette approche passe par deux volets. Le premier est de permettre aux producteurs de produire en bio. Cela se fait à travers la formation apportée par les équipes de Bioprotect auprès des petits producteurs, mais également par la vente de bio-pesticides et bio-engrais issus de la propre R&D de l’entreprise. Ces produits améliorent la fertilité des sols, la lutte contre les maladies et ravageurs, et permettent des rendements attractifs pour les producteurs.

Le deuxième volet porte sur la valorisation des produits Bio : Bioprotect travaille activement à proposer des débouchés pour les producteurs, notamment à travers la création de points de vente pour la commercialisation de leurs produits maraîchers, et la vente de sésame bio en local et à l’export. D’autres filières sont aussi à l’étude.

Bioprotect place ainsi les petits producteurs au centre de son modèle économique et par chacune de ses initiatives, vise à améliorer leur résilience. Cette démarche a un réel pouvoir d’entrainement vertueux pour permettre l’adoption, par les producteurs, d’une agriculture plus durable et participer à la démocratisation du Bio au Burkina-Faso. L’entreprise se fixe pour objectif de travailler avec 10.000 producteurs d’ici à 2030.

Un exemple qui illustre la mission de la SIDI

Le partenariat entre Bioprotect et la SIDI semblait naturel, puisque l’une des missions principales de la SIDI est « d’aider au développement d’économies rurales afin d’avoir un impact positif sur la vie de populations vulnérables », explique Johan. Par ailleurs, l’accroche environnementale de Bioprotect a son importance, étant donné la sensibilité de l’investisseur social français pour promouvoir des filières plus écologiques. En effet, dans un contexte de tension climatique, la SIDI a placé la transition écologique et sociale au cœur de son action.

C’est sur ce genre de partenariat que l’action de la SIDI prend tout son sens. Bioprotect est dirigée par un entrepreneur visionnaire, Arsène Savadogo, qui gère une petite équipe jeune et dynamique. L’entreprise a un fort potentiel, mais aussi des ressources limitées, qui par moment contraignent son activité. Dans ce contexte, la SIDI peut contribuer à aider au développement de l’entreprise à travers ses deux leviers d’action : le financement et l’accompagnement. La SIDI finance ainsi une partie des activités sésame de Bioprotect depuis 2021.

Un contexte pays compliqué

Basée à Ouagadougou, Bioprotect travaille avec des producteurs dans plusieurs régions du pays. La détérioration de la situation sécuritaire rend les activités plus compliquées dans certaines zones qui ne sont plus accessibles. En effet, le Burkina Faso est en proie à des attaques terroristes répétées, et aujourd’hui, selon certaines estimations, près de 40% du territoire échapperait au contrôle de l’Etat.

Dans ce contexte, Arsène et son équipe font preuve de beaucoup de résilience et de solidarité pour faire face à la situation. Par exemple, l’équipe a ouvert de nouvelles zones de production de sésame plus proches de la capitale, Ouagadougou. Pour autant, l’entreprise continue également de s’approvisionner auprès des producteurs se trouvant dans des zones affectées par la crise sécuritaire et de commercialiser leur production de sésame. Néanmoins, parce que Bioprotect ne peut plus se rendre sur le terrain et assurer la bonne application des pratiques Bio, la commercialisation se fait sur le marché conventionnel.

Du côté de la SIDI, la situation géopolitique n’altère pas le partenariat noué avec Bioprotect ni avec les autres partenaires Burkinabès. Johan explique « notre actionnariat solidaire nous donne la flexibilité de pouvoir prendre du risque et nous pousse à nous investir dans des contextes compliqués pour financer des organisations qui ont une empreinte sociale et environnementale positive localement ». Pour la SIDI, l’objectif est ainsi de rester présent durablement dans le pays, y compris parce que la situation se détériore, afin de soutenir à son échelle ses partenaires et la population du Burkina.

Formidable atelier d’échanges d’expériences entre coopératives de café au Kivu

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La SIDI finance et accompagne 5 coopératives productrices de café arabica dans la région des Grands Lacs africains à la frontière entre République Démocratique du Congo et Rwanda. Elle y a organisé un atelier pour partager pratiques et ambitions en matière d’objectifs sociaux et environnementaux.

Dans la région des Grands Lacs africains, le café est cultivé par des petits producteurs en complément de leurs cultures vivrières. Les revenus de la vente du café permettent notamment à de nombreuses familles de payer les frais de scolarité des enfants. Pour cela, le prix du café doit être suffisamment rémunérateur : ce qui implique de produire un café de qualité pouvant être valorisé à un prix supérieur aux cours mondiaux, et de travailler au sein de coopératives pouvant donner accès à des certifications et primes équitables et biologiques.

La SIDI finance plusieurs coopératives productrices de café arabica dans la région : deux en République Démocratique du Congo – MUUNGANO et CPNCK-, et trois au Rwanda – ABAKUNDAKAWA, KOPAKAMA et BUHANGA. Toutes se situent ou souhaitent se situer sur ces marchés de café gourmet, de très haute qualité.

La SIDI a organisé cet atelier d’échange d’expériences entre ces partenaires sur la base des travaux d’accompagnement réalisés avec certains d’entre eux, dans un contexte marqué par une prise en compte croissante et nécessaire des enjeux sociaux et environnementaux.

Cofinancée par la fondation ACTES et le programme SSNUP (Smallholder Safety Net Upscaling – Luxembourg), la rencontre a réuni 35 personnes pendant trois jours sur l’île d’Idjwi au milieu du lac Kivu. Elle a également permis d’associer plusieurs acteurs autour des coopératives partenaires pour enrichir la réflexion et favoriser de futures coopérations. Etaient ainsi présents d’autres coopératives de la zone mais aussi des acteurs partageant une vision proche de la leur : des acheteurs, des institutions appuyant techniquement et/ou financièrement des coopératives, des consultants spécialisés dans la filière café, et un représentant des pouvoirs publics régulant la filière. Une visite de terrain a également été organisée chez la coopérative CPNCK basée sur l’île d’Idjwi. Celle-ci a permis de révéler les défis actuels d’approvisionnement de cerises de café et de lavage du café auxquels la coopérative fait face.

Cet atelier a été un succès : le format retenu, le travail préparatoire et l’animation faite par deux chargés de partenariat SIDI et un consultant ont permis aux coopératives d’échanger en confiance malgré le contexte concurrentiel ou les tensions entre RDC et Rwanda, et d’apprendre de l’expérience des autres. Les échanges ont porté sur trois grandes thématiques :

  • la durabilité des pratiques agricoles avec la promotion de l’agroécologie
  • l’amélioration de l’efficacité opérationnelle et de la gouvernance partagée des coopératives
  • l’accès au marché et au financement

L’atelier a ainsi permis de généraliser la prise de conscience ou l’attention à certains risques et points clefs, de contribuer à prévenir et résoudre les difficultés rencontrées, et enfin de définir des actions à mener pour assurer la durabilité de leurs actions.

Sur la base de ces échanges fructueux, la SIDI finalise l’élaboration d’un programme d’accompagnement pour les coopératives avec notamment des financements de la Fondation ACTES et du programme SSNUP. Le programme sera opérationnel à partir du dernier trimestre 2022.

[Webinaire] Etude d’impact d’un partenaire de la SIDI en Afrique du Sud, la SEF

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[chapeau]Webinaire sur les résultats de l’étude d’impact conduite avec la Small Enterprise Foundation (SEF), institution de microfinance dédiée aux femmes.[/chapeau]

Participez au webinaire qui se déroulera le 3 juin de 10h à 12h, en présence de représentants de l’institution SEF, que la SIDI appuie depuis 2017.

SEF est une institution de microfinance à vocation sociale de la région rurale du Limpopo, au nord de l’Afrique du Sud, qui se consacre exclusivement à l’appui aux femmes, et compte à ce jour plus de 200 000 clientes.

Afin de mieux comprendre l’impact de ses services sur les clientes en termes économiques, mais aussi sociaux et du point de vue des inégalités de genre, la SIDI, la Fondation Grameen Crédit Agricole et le réseau F3E ont financé une étude d’impact, conduite en 2021, dont les conclusions seront rendues publiques lors de ce séminaire.

 

Pour vous inscrire au webinaire c’est par ici

 

La SIDI entre au capital d’ACEP Burkina

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[chapeau]La SIDI entre au capital d’ACEP Burkina à hauteur de 20% en rachetant les parts du fonds Incofin CVSO.[/chapeau]

Aujourd’hui, ACEP Burkina est la deuxième plus grande institution de microfinance (IMF) du Burkina Faso par la taille de son portefeuille et par sa portée : plus de 32 000 clients actifs, dont 23% sont des femmes, et plus de 15 000 emprunteurs. Elle se concentre principalement sur les micro, petites et moyennes entreprises.

Par cette acquisition, la SIDI souhaite renforcer son engagement dans le développement de la finance inclusive en Afrique et plus particulièrement dans la région du Sahel. Compte tenu des multiples défis auxquels la région est confrontée – enjeux politiques et sécuritaires, impact des changements climatiques sur le secteur agricole, manque d’opportunités d’emploi en particulier pour les jeunes – la SIDI considère comme prioritaire de développer ses activités dans la zone afin de réaliser sa mission de transition sociale et environnementale.

La SIDI travaille actuellement avec 9 partenaires au Burkina Faso dans des secteurs très variés : finance inclusive, chaînes de valeur agricoles durables, énergies renouvelables et capital d’amorçage pour les petites industries créatrices d’emplois et de valeur ajoutée. Rappelons qu’au Burkina Faso 40% de la population vit encore sous le seuil de pauvreté.

Devenir actionnaire d’ACEP Burkina est un engagement fort de la SIDI et une opportunité de renforcer et de diversifier son activité dans le pays en comptant dans son portefeuille l’une des IMF leaders et fortes sur le marché de l’inclusion financière. La SIDI jouera donc un rôle actif dans la gouvernance afin de contribuer au renforcement de l’institution et de promouvoir la performance sociale et environnementale en même temps que la viabilité financière et opérationnelle.

Retrouvez le communiqué de presse ici

 

Fair Trade Lebanon, partenaire historique de la SIDI, lance le site de vente Terroirs du Liban

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Terroirs du Liban est la marque éthique développée par l’association Fair Trade Lebanon, destinée à diffuser les produits issus de son réseau de coopératives rurales et de petits producteurs libanais.

L’association Fair Trade Lebanon (FTL) – ainsi que sa branche commerciale Fair Trade and Tourism Lebanon (FTTL), dont la SIDI est actionnaire fondateur dans le prolongement du partenariat initié avec l’association FTL dans les années 2000 -, a pour objet de commercialiser les produits issus des coopératives rurales du pays ou de petits producteurs engagés dans le commerce équitable. Une nouvelle étape est franchie avec la mise en ligne du site de vente Terroirs du Liban.

L’objectif est d’aider les producteurs, et notamment les femmes, nombreuses dans ces coopératives, à valoriser leurs produits en leur trouvant des débouchés commerciaux au Liban et à l’international.

Aujourd’hui Terroirs du Liban rassemblent plus de 50 coopératives et 1500 personnes dont 1000 femmes. La marque défend ainsi une production artisanale, labellisée commerce équitable. Les recettes sont authentiques et issues d’un savoir-faire traditionnel. Terroirs du Liban regroupe une trentaine de références qui proviennent de tout le territoire libanais : condiments, épices, sirops, graines…

Parallèlement à la promotion de produits éthiques, des actions concrètes sont menées sur le terrain : soutien à des projets de développement, sensibilisation à l’agriculture biologique et éthique, sauvegarde de la durabilité des eaux souterraines, formation et accompagnement des agriculteurs et des coopératives (de la culture jusqu’à la transformation).

Pour découvrir leurs produits, rendez-vous sur leur site de vente en ligne : Terroirs du Liban

Palestine – La SIDI poursuit son engagement en faveur des droits économiques des populations

Coopérative agricole à beit furik (naplouse).

[chapeau] Face à une nouvelle crise majeure qui touche la Palestine, la SIDI rejette toutes les violences et rappelle que les Palestiniens sont d’abord un peuple, de toutes les sensibilités laïques et religieuses, privé de ses droits. La SIDI entend y poursuivre son engagement afin de permettre aux populations d’accéder aux services financiers essentiels et nécessaires au déploiement de leurs activités économiques. [/chapeau]

La SIDI s’est engagée en Palestine dès les années 90 pour la défense des droits économiques de la population, par son action auprès des institutions de microfinance locales ACAD et ASALA. Elle y a été le premier investisseur solidaire.

Face à la récurrence des crises et la violence des effets de l’occupation, il est apparu à la SIDI que la microfinance ne pourrait se développer sans un fonds de garantie pour couvrir ces risques contextuels. L’actualité confirme une fois encore la pertinence du fonds de garantie DAMAN, mis en place en 2008 par la SIDI avec ses deux partenaires ACAD Finance et ASALA Credit & Development.

Ce risque s’avère de fait démultiplié et concerne notamment la destruction prévisible des projets économiques financés par les institutions de microfinance. Concrètement DAMAN permet ainsi aux institutions de microfinance locales de continuer à couvrir le risque du prêt aux populations vulnérables en Cisjordanie et à Gaza : quand le bénéficiaire du micro-crédit ne peut rembourser en raison de faits de guerre ou de conséquences de l’occupation israélienne, l’IMF peut alors faire appel à DAMAN pour obtenir indemnisation.

DAMAN a été pérennisé en 2015 par la création d’une société à but non lucratif reconnue par l’Autorité Monétaire Palestinienne. Le fonds DAMAN est par conséquent ouvert au soutien financier d’autres acteurs, et bénéficie aujourd’hui notamment du soutien de l’ONG Paix Juste au Proche Orient.

La SIDI poursuit sa mission d’investisseur solidaire en Palestine et se tient aux côtés de ses partenaires qui font face aux enjeux dramatiques actuels. Elle continuera d’appeler à l’instauration d’un dialogue sincère et à l’avènement d’une paix juste.